‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 202 sur 581 · CHAPITRE IV. — DE LACTE ET DE LA PUISSANCE · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — DE LACTE ET DE LA PUISSANCE

même bâtir et démolir, la même être construit et tomber en ruines. Les contraires peuvent donc être ensemble en puissance ; mais les contraires ne peuvent être ensemble en acte, par exemple, la santé et la maladie. Or, de ces deux contraires un seul nécessairement est bon. Donc la puissance, contenant les deux, est à la fois bonne et mauvaise, ou plutôt ni bonne ni mauvaise. Par conséquent l'acte est ce qu'il y a de meilleur,

— y- apot Ivr'pYt'.a SeÀtÎojv (1), »

Ce passage est la plus magnifique conclusion que Ton puisse donner à la théorie de l'acte et de la puissance. L' « un » est bon comme lêtre, et son contraire est, sinon le mal, du moins une défaillance du bien. Nam semper in contrariis iinmn est ut deficiens, quod ad maliuii pertinet (1).

L'acte ne se rapporte qu'au bien, puisqu'il ne se rapporte qu'à l'être ; la puissance est indifférente au bien et au mal, puisqu'elle est indilférente à l'être et au non-ètre. Donc l'acte est meilleur que la puissance.

Redisons-le encore une fois, cet argument est splendide d'éclat et de majesté. Cette vue plane sur toute la métaphysique. Cet hommage rendu à la bonté de l'acte n'est qu'un chant d'amour inspiré par la beauté de l'être.

L'être prime le non-être; c'est toujours là qu'il faut en revenir. Or l'être n'est vraiment être que lorsfju'il existe, et il ne peut exister que totalement déterminé. Donc l'être vraiment être est un acte.

Par contre, sauf la puissance simplement active qui n'est qu'un acte, toute puissance contient en soi une indétermination, puisque, par elle-même, elle regarde indifiéremnient deux termes contradictoires. Donc la puissance n'est pas totalement et simplement être.

Donc l'acte prime la puissance. Donc, vérité, beauté, bonté, noblesse, dignité, en un mot toute louange de l'être doit se dire de l'acte plutôt (pic de la puissance passive, ou

(1) s. Thomas, Métaphys., lib. IX, lecL lo.

'2'lï LIVRE IV. — CAUSE EFFICIENTE.

même que de la puissance active contenant quelque élément passif.

Acttis nobilio7' est potentia. — Actus melior est potentia. — Actus prior est potentia. — L'acte prime la puissance.

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