‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 208 sur 581 · Des propriétés essentielles et accidentelles · texte numérisé non relu

Des propriétés essentielles et accidentelles

Pour procéder avec clarté, il est nécessaire de commencer par bien distinguer dans chaque chose l'essence et les qualités accidentelles.

Au deuxième livre de cet ouvrage, nous avons déjà parlé de cette question. Mais il faut lui donner ici quelques nouveaux développements.

Porphyre définit l'accident : « Ce qui peut paraître ou disparaître dans un sujet, sans que celui-ci soit détruit, » 0 ''hn-'jx-/,y:.b.-z"vn-y.'. '/(oplç tv*ç ~z''j •Jzc/.sîy.evcj çOscxç (1 , ou suivant la version de Boèce : « Accidens est quod infertur et aufertur sine ejus in quo est interitu. » Boèce ajoute : Cela veut dire que Taccident est une propriété sans laquelle le sujet peut persister, « hoc dicerc videtur illud esse accidens, sine quo potest constare illud cui accidit (2). »

Ainsi, qu'une statue soit chaude ou froide, elle n'en est pas moins statue, elle n'en reste pas moins la même statue. Le chaud et le froid sont des accidents qui vont et qui viennent, sans que la statue soit altérée.

Quant aux propriétés essentielles, elles sont définies par leur opposition aux propriétés accidentelles. Elles sont les propriétés sans lesquelles le sujet ne peut être ; ou encore,

(1) Porpliyr., /Art</oj/., cli. v.

(2) Boi't,, in Porpfiyr., dial. ii, De acculenti.

232 UVRK IV. CAUSE FORaïKLLK ET CAUSE MATÉRIELLE.

elles sont les propriétés telles qu'une seule venant à manquer, le sujet est détruit. Peut-il exister une statue sans forme ou sans matière? Enlevez la forme, la statue cesse d'être : annihilez la matière, la statue tombe dans le néant.

Page 1