‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 222 sur 581 · L'unité de l'être prov ient de la forme · texte numérisé non relu

L'unité de l'être prov ient de la forme

L'être et l'unité sont inséparables, et l'on peut juger de l'un par l'autre, suivant l'adage : En s et iinuin convertuntur. Pour mieux comprendre la matière et la forme, il sera donc utile d'étudier leur rôle par rapport à l'unité.

C'est, avons-nous dit, la statue qui existe; la matière et la forme existent dans l'existence de la statue; donc aussi c'est véritablement et proprement la statue qui est une. C'est « une » statue. Il est vrai, on peut y compter plusieurs membres, et chacun pris à part est « un ». Mais la statue n'est pas un amas de parties ; elle est « un tout » qui est détruit dès qu'on le divise. Plusieurs membres, j'en conviens, mais une seule statue.

Et d'où provient son unité? de sa cause efficiente? Il y aurait erreur à le dire, car toute statue éi^\i\nécessairement une, elle ne peut être conçue ou réalisée que dans son unité. Cette unité inhérente à son essence, précède donc son existence, et sa raison doit être cherchée dans les causes intrinsèques. C'est donc ou la matière ou la forme qui donne l'unité. — Laquelle?

Il n'y a pas à hésiter. En présence d'une statue, nous avons deux manières différentes de nous exprimer, suivant

(1) Arislote, Métaphys., liv. VII, chap. viu.

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