Définitions exactes de la matière et de la forme
Le premier concept que nous ayons de quelque chose que ce soit, est le concept d'un objet ayant une existence propre, d'un substantif, répondant à l'expression d'Aristote « ce quelque chose », — -z -i.
Lorsque ensuite, étudiant la nature intime de « ce quelque chose », nous reconnaissons qu'il pourrait exister au-
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trement quil n'existe actuellement, nous le concevons alors comme un « quelque chose )> qui n'est pas tout ce qu'il peut être et qui peut changer. Il y a donc en lui une possibilité d'être déterminé autrement qu'il ne l'est actuellement. En d'autres termes, nous distinguons dans cet objet un élément détcrminalde. Or le déterminal)le appelle le déterminant comme son corrélatif. Donc nous sommes amenés à reconnaître, dans tout être qui peut changer, deux principes : le principe déterminable et le principe déterminant.
On peut donc définir, de la manière suivante, la matière et la forme :
Dans chaque être, la matière est le principe déterminable, et la forme est le principe déterminant.
C'est ce qu'expriment avec une précision admirable les formules scolasliques, que l'ignorant trouve si bizarres ; La matière n'est pas un être, mais elle est ce de quoi et en quoi est fait un être. Materia est ex qna et in qiia fit ens. — La forme n'est pas un être, mais elle est ce par quoi est constitué un être. Forma est qua ens fit id qiiod est.
Formules de convention, si vous le voulez, mais qui ont une raison objective; et si on les ignore, on ne peut comprendre ni la langue ni la doctrine des scolastiques.
ARTICLE II