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C'est la forme qui donne l'unité

Vêtre et le un, dit Aristote, sont la même chose. C'est une même nature, car ils s'accompagnent toujours (4), » Et saint Thomas le prouve comme il suit :

Unum nihil aliud significal quam ens indivisum, et ex hoc ipso apparct quod unum convertitur cum enle. Nam omne ens, aut estsimplex aut composilum. Quod autem est simplex est indi-

pst Nihil igitur secundum inateriam esse dicilur, sed

secundum prupiiam formam. » (Boct., de Trinitaie, cap. ii.)

(t) S. Thomas, I. q. 1,"., art. 3, ad 3"'".

(2) 'H 6'07;ox£tjjL£vr) cpùat; éTîtfftrjTr, xaT* àvotXoyiav. {Physi(/..\\v. I, cha]). vu.)

'3) .Mh. Matin., /'^//s'., lib I. Ir. 3, cap. ix.

(i) T6 ûv y.al tô ïv xaÙTÔv, xat (xia çyrri;, tw àxo>.oy6EÎv à),),T]Xoi;. {Alélaphys., liv. IV, chap. II.)

visuin et aclu et |)Otentia. Quod auteni est composilum, non habet esse, quamdiu partes ejus sunt diviste, sed postquamconstituunt et componunt ipsum compositum. Unde manifestum est, quod esse cujuslibet rei consistit in indivisione. Et inde est quod unumquodque, sicut custodit suum esse, ita custodit suam unitatem (1).

La langue française, qui doit son admirable précision au latin de la Scolastique, nous enseigne cette union intime de l'être et de l'unité. Lorsque nous voulons désigner un être individuel, existant ou pouvant exister tel qu'il est conçu, nous l'appelons un : un homme, une pierre, une maison. Tant il est vrai que rien n'est être qu'autant qu'il est un (â^i. Ens et unum convertuntur , dit l'adage scolastique.

(3r nous venons d'expliquer que 1' « être », dans tout composé, provient de la forme, — Forma dat esse. Nous devons donc en conclure que la forme est le principe même de r « unité ».

Saint Thomas prouve cette vérité par un argument qui résume toute la doctrine sur la forme :

Sic dicitur unum quouiodo et ens. Forma autem per seipsam facit rem esse in actu, cum per essentiam suam sit actus, nec dat esse per aliquod médium. Unde unitas rei composita' ex materia et forma, est pur ipsam formam, qua' secundum seipsam unitur materite, ut actus ejus i3i.

Ce texte ne peut pas être trop médité. Car, en nous apprenant la relation ontologique entre l'être et l'unité, il nous fournit un puissant moyen d'analyser les êtres par l'étude de l'unité qui se manifeste dans chacun d'eux.

(1) s. Thomas, I, q. xi, art. 1.

(2) « Quisquis fatelur nullam esse natuiain, quœ non, ut sit quidquid est, appetat unitatem ». (S. Augustin, De mnsica, lib. VI, cap.wii, n" 1.)

Boèce a, sur ce sujet, de très phiiosopliiques développements qu'il conclut ainsi : « Eoque modo percurrenti omnia, procul dubio patebit,subsistere unumquodque, dum unum est ; rum vero unum esse desinit. inlerire Quod sub-

sistere ac permanere a|ipelit, id unum esse desiderat. Hoc cnim subiato, ne esse quidem cuiquam j)ermanebit. » (Boet., Consolât., lib. III, pros. 11.)

(3) S. Thomas, I, q. 76, art. 7,

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