‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 271 sur 581 · CHAPITRE II. NOTION EXACTE · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. NOTION EXACTE

ce qu'il est », la matière n'est qu'une capacité se prêtant à recevoir cette forme, et toute matière susceptible de ce rôle passif peut convenir. La forme, prise en elle-même, tout en réclamant une matière, laisse donc cette matière indistincte, indéfinie, indéterminée. Donc le composé, préexistant dans la cause efficiente en vertu de sa forme, n'y existe qu'avec une matière indéterminée. Qu'est-ce à dire? Peut-il exister quelque chose qui soit indéterminé? — Non, sans doute. Donc il faut affirmer que la matière du composé ne préexiste pas réellement dans la cause. D'où cette seconde conclusion : « Le composé préexiste « dans sa cause à l'état immatériel ».

Or ce qui de soi est matériel ne peut exister à l'état immatériel, sinon comme une imag^e spirituelle, c'est-àdire comme une idée ; et c'est ainsi que nous parvenons à la notion exacte que nous cherchions : La cause exemplaire est une idée.

C'est l'idée de l'effet lui-même tel qu'il sera produit. C'est le composé tout entier, forme et matière, conçu à l'état idéal ; mais, dans ce concept, la forme se détermine elle-même et n'indique qu'une matière indéterminée.

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