Réponse de saint Thomas à la difficulté précédente
Aussi bien, voyons comment le Prince de la Scolastique a résolu la question soulevée par Aristote. Voyons si l'objection le fait reculer, ou si, malgré elle, il n'en persiste pas moins à affirmer la nécessité de l'idée.
Après avoir commenté ce passage du Stagirite, saint Thomas poursuit ainsi :
Sciendum autem quod illa ratio, ctsi destruat exemplaria separata a Platone posita, non tainen removet divinam scientiam esse rerum omnium exemplarem. Cum enim res naturaliter intendant similitudinem in res generatas inducere, oportet quod ista intentio ad aliquod principium dirigens reducatur, quod est in finem ordinans unumquodque. Et hoc non potest esse nisi intellectus, cujus sit cognoscere finem et proportionem rerum in finem. Et sic ista similitudo effectuum ad causas naturales reducitur, sicut in priinum principium, in intellectum aliquem (1).
Il est vrai, saint Thomas commence par affirmer la cause finale pour conclure à la cause exemplaire; mais peu importe dans quel ordre on lie ou Ton délie le nœud intime de ces deux causes. Il n'en reste pas moins acquis que toute action suppose une idée, ou dans sa cause, ou dans la cause de sa cause.