CHAPITRE H. XOTIOX EX^^CTE
succès, les droits de la cause finale, n'ignorait pas qu'il ne peut y avoir d'intention sans un plan et une idée. En démontrant que toujours et partout la nature agit pour une fin (1 ), du même coup il affirmait que l'idée préside à toutes les actions de la nature.
Mais, dans sa lutte contre un émule, il a peut-être été entraîné à laisser dans Fombre la cause exemplaire dont Platon avait présenté une théorie immortelle. C'est donc le cas de rappeler la leçon d'Albert le Grand : « Scias quodnon perficitur homo in philosophia, nisi ex scientia duarum philosophiarum . Aristotelis et Platonis \2). »
Cette tradition s'est conservée aux époques plus modernes dans les scolastiques de bonne race.
C'est ainsi que Fonseca, à cette question : « An sit necesse ponere idées? » répond :
Ut illas necessarias esse concedamus, illud in primis non parvi faciendum, quod de Platone eorum auctore magnus quidam vir sic scribendum existimavit : u Ut rationem, inquit, nullamPlatoafTerret (vide quid homini tribuam ipsa auctoritato me frangeret 3 . » Accedunt Patresomnes, qui communi sententia necessarias esse ideas pronuntiant : quorum plurimi Plalonem sic interpretantur ut illum eo modo, quo ipsi, de hac re sensisse affirment. Postremo nullus scholasticorum Theologorum est (pene.s quos pra^cipuum hujus rei examen vertitur) qui ad agendum necessarias esse non asserat V.
Fonseca se propose comme objection l'autorité d'Aristote :
Nunquam Aristoteles, tan tus vir, lanto eliam studio ubique ferme ideis se opponeret, nisi intelligeret nullas esse ideas ad agendum necessarias (5).
Mais il répond :
Dicendum Aristotelem non impugnasse veras ideas, sive
(1) Voir Aristote, Physic, liv. Il, ch. mil
(2) Alb Ma^., Mrlapinjs., Ml). 1, Iracl. .">, cap. w. (3)Cicero, r«.scK/.. lib. I, n" 21.
(4) Fonseca, Metaphys., lib. VII, cap. \iii, q. 1. scct. 1.
(5) Fonseca, Ibidem.
exemplaria rerum quîe a Deo fiant, cum ne in opificibus eas negaverit; sed in id totis nervis incubuisse, ut Platonicas extruderet (1).