Rapport de l'idée à la forme
Tel est le modèle, telle doit être la copie ; telle est l'idée, telle doit être la statue. S'il existe entre l'une et l'autre quelque dissemblance, il faut s'en prendre ou à quelque défaillance dans le bras du sculpteur, ou à quelque défaut et à quelque impuissance dans le marbre. La statue reste imparfaite, parce qu'elle n'imite pas complètement son idéal, parce que sa forme matérielle ne reproduit pas exactement l'idée.
Donc, si nous supposons la statue parfaite, la même forme existera identiquement soit dans le marbre, soit dans l'artiste. — Je dis identiquement la même; je ne dis pas substantiellement la même, car ce n'est pas la pensée qui abandonne l'intelligence où elle existe pour venir exister dans le marbre. La ligure de la statue se tire du marbre et y demeure, l'idée naît dans l'esprit et y demeure; mais la ligure qui informe le marbre est l'imitation parfaite de l'idée qui vit dans l'esprit.