‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 298 sur 581 · Ens et verum convertuntur · texte numérisé non relu

Ens et verum convertuntur

La vérité est forniellenient dans les intelligences, et les choses sont vraies par une relation aux intelligences. De l'intelligence de l'ouvrier, comme d'un foyer rayonnant, jaillit la vérité dans l'œuvre, et de l'œuvre elle rejaillit dans les intelligences des spectateurs.

3*22 Livur: v. — c\lse exempi.ahu-:.

Oi' raxionie dit : Eus et verum convcrluntiir (1). Tout être est vrai, car tout être répond à une idée que notre intelligence cherche à connaître. Ne doit-on pas conclure que chaque être provient d'une cause intelligente qui le rend vrai, en même temps qu'elle le fait réel?

0 mon Dieu! je me sens ici bien près de vous.

Il y a des myriades de créatures différentes comme natures et comme propriétés; mais d'où vient que l'être se dise de toutes et, dans toutes, réponde au même concept? L'existence d'un puceron et l'existence d'un lion, c'est toujours l'existence, aussi absolue dans l'un que dans l'autre, si l'on peut dire que l'existence d'une créature soit absolue. Tous les deux participent au même titre à l'existence, comme ils vivent dans la même lumière et dans la même chaleur d'un même Soleil.

Il y a aussi des vérités de bien des sortes : vérités géométriques, vérités historiques, vérités scientifiques. Mais, dans toutes ces vérités, il y a quelque chose de commun, à savoir la vérité ; car ces vérités diverses sont également vraies. Dans la vérité peut-il y avoir du plus ou du moins? Toutes ces vérités participent à une même vérité absolue.

0 lumineuse, ô vraie démonstration de l'existence d'une Vérité Créatrice !

Beaucoup d'êtres existant chacun en soi et indépendamment des autres, et pourtant une même existence à laquelle tous participent. — Beaucoup de vérités différant entre elles suivant leurs propres raisons, et pourtant une seule et même vérité à laquelle toutes participent. — Enfin tous les êtres à la fois essentiellement vrais et vraiment êtres. Donc au sommet des choses, un Etre absolument absolu, une Vérité absolument absolue, un Etre qui est identiquement la Vérité, puisque tout ce qui participe de son Etre participe également de sa Vérité.

(1) Cette proposition est la traduction de ce texte d'Aristote : "Iv/aa-rov. wç ëxet 'o^i et^*'-! ûutw T^;|à)T,f|£{a;. {MHoph]}S.,\\s . II. ch. i.)

ClIAPITRK V, — DE LA VÉRITÉ. 323

Écoutons saint Thomas :

Dictum est quod veritas per prius est in intellectu ; et per posterius in rébus, seciindum quod ordinantur ad Intellectum Divinum. Si orgo loquamur de veritate, prout existit in intellectu secundum propriam rationem; sic, in multis intellectibus creatis sunt multce veritaies, et in uno et eodem intellectu secundum plura cognila. Unde dicit glossa, super illud Psalmi M : DiminuUc sunt verilales a filiis hominum, quod « sicut ab una facie hominis résultant plures similitudines in speculo, sic ab una Veritate Divina résultant plures veritales ». Si vero loquamur de veritate secundum quod est in rébus; sic omnes sunt vera> Una Prima Veritate, cui unumquodque assimilatur secundum suam entitatem. Et sic, licet plures sint essentise vel forma» rerum, lamen Una est Veritas Divini Intellectus, secundum quam omnes denominantur vera' (1).

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