‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 309 sur 581 · De la philosophie positiviste · texte numérisé non relu

De la philosophie positiviste

Qu'est-ce donc enfin que la philosophie dite <( positiviste »? — C'est une négation fondée sur un sophisme.

« Nous n'observons, disent-ils, que les phénomènes sensibles. Or nous ne connaissons que ce que nous observons. Donc nous ne connaissons que les phénomènes sensibles et rien au delà. »

Nier ce qui ne tombe pas sous les sens, tel est ie péché (1) des positivistes.

(1) Aristote, parlant des anciens positivistes, dit qu'ils ont été enlacés dans de fausses opinions : Toiaûtai; 66?a'.; ye^hr^^noLf. svoxoi. (Mélaphys.,

CH. VI. DKS DÉTRACTEURS DK LA CALSE EXEMPLAIRE. 337

Et cette négation, quel est son titre? Est-elle le fruit de l'expérience phénoménale? La science enregistre les faits positifs, et ne nie que ce que les faits contredisent. Quel est donc le fait observé qui contredise aux réalités invisibles? — En vain, vous prétendez vous appuyer sur la science. Pour affirmer votre négation, vous quittez le terrain des sciences expérimentales, et vous vous placez sur le terrain philosophique. Votre négation n'est pas scientifique ; elle est philosophique, et elle est fondée sur un sophisme.

« Nous n'observons que les phénomènes sensibles. » — Soit, si vous parlez des observations physiques qui portent sur des objets matériels et extérieurs; mais nous avons conscience de phénomènes internes et immatériels. Et parmi ces phénomènes nous trouvons l'idée, et l'idée nous révèle le nécessaire, l'absolu, l'universel, la substance, en un mot, toutes les grandes réalités dont la connaissance fait l'honneur de l'homme. Et jamais l'expérimentation la plus ingénieuse ne pourra expliquer ces sublimes notions par la digestion cérébrale des phénomènes sensibles.

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