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Comment les principes sont plus notoires

« Puisque, dit Âristote, il faut croire et savoir une chose en vertu d'une démonstration syllogistique, il est nécessaire non seulement de savoir d'avance les choses dont part la démonstration, mais encore de les savoir mieux. Car, toujours, Ip par quoi un être est « quelque chose », est « ce quelque chose » à un plus haut degré, 'Ast yàp Si' o^^rdép/si i'xaa-tov, ix.s.lyo ijiSEÀXov uTtapy^ei. Par exemple, le pourquoi nous aimons un objet est encore plus aimé. Puis donc que nous connaissons et que nous croyons en vertu des principes, nous devons les connaître et les croire plus que les conclusions subséquentes (i . »

Telle est la raison pour laquelle Aristote veut que les principes soient antérieurs et plus notoires, r.pi-ip:x. /.avvwp'.'jj.wTspa. Mais, de peur de confusion, il ajoute :

(( Antérieur et plus notoire peut s'entendre de deux manières ; car il n'y a pas identité entre l'antérieur par nature, TrpÔTspov ■zri cpuffîi, — et V antérieur pour nous, Trpô; YifxSç irpoTspov; ni entre le plus notoire, — YvoipiuwTspov, et le plus notoire pour nous, %tv yvoipiixioTepov. J'appelle « antérieur et plus notoire pour nous » ce qui est plus proche de la sensation, et j'appelle « antérieur et plus notoire simplement », aTtÀÔîç, ce qui est plus éloigné de la sensation. Or ce qui en est le plus loin est l'universel; ce qui en est le plus proche est le particulier; et ces deux choses sont à l'oppositc l'une de l'autre 'ri. »

Mais cette distinction fait naître aussitôt une question : De quelle manière les principes de la science doivent-ils être antérieurs et plus notoires ? Il appert du texte même ({u'il s'agit ici du plus notoire par nature, du plus notoire simplement, la science ayant pour objet l'universel.

(1) Derniers analyliq., liv. I. cliap. ii. Ci) Ibid.

La pensée d'Aristote est évidente et a toujours été comprise sans équivoque par ses commentateurs. Citons seulement saint Thomas :

Quia jjrhis el notius dicitur dupliciter, scilicet quoad nos et secundum naturam, dicit conscquenter, quod ea ex quibus procedit demonstratio sunt priera et notiora simpliciter et secundum naturam, et non quoad nos (1).

Et dans un autre livre, le saint docteur en donne une belle explication :

Notandum autem est quod non eadem dicit Piiilosophus nota esse nobis et nota simpliciter. Simpliciter autem notiora sunt, quœ secundum se sunt notiora. Sunt autem secundum se notiora, quse plus habent de entitate : quia unumquodque cognoscibile est in quantum est ens (2).

N'admirez -vous pas notre philosophie traditionnelle mesurant la vérité à la réalité et cherchant les sources de la science dans les sources mêmes de l'être?

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