‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 314 sur 581 · LIVRE VI. — CALSi: FINALE · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — CALSi: FINALE

sidérée comme atteinte, la fin est une réalité existante, terme d'un mouvement et d'une opération; elle appartient donc à l'ordre de la causalité efficiente, et, bien loin d'être cause, elle n'est qu'un efFet. Considérée comme but à atteindre, elle n'appartient encore qu'à l'ordre intentionnel, et c'est là qu'elle est cause, parce qu'elle fixe d'avance le terme de l'action et qu'elle est un but marqué d'avance.

On ne peut trop se garder de confondre l'ordre de la causalité efficiente et l'ordre de la causalité finale. La cause efficiente répond à la question : Pai' qui? Par qui ces coups de marteau? Par le statuaire. La cause finale répond à la question : Pourquoi? Pourquoi ces coups de marteau? Pour une statue. Par qui et poîirqiioi sont deux questions irréductibles et, par conséquent, les réponses le sont aussi.

Dans l'ordre des réalités, tout est le produit de l'action, la cause efficiente fait tout et agit seule. La cause finale n'agit donc pas, elle n'exécute rien, elle ne produit rien. Tout au contraire, elle est un être à réaliser, un effet à produire, une fin à obtenir.

Et comment pourrait-elle avoir une] influence active? Tant que la fin n'est pas réalisée, elle n'existe pas, donc elle ne peut agir. Lorsque le but est atteint, il n'y a plus à agir, puisque l'opération est à sa fin.

Et cependant la fin mérite le nom de cause, parce qu'elle est un but vers lequel est dirigée l'action, et qu'elle contient d'avance toute la raison intentionnelle de l'action.

Il y a plus : nous aurons à montrer qu'elle mérite le titre de « cause des causes », parce que l'intention précède l'action, et que nulle cause efficiente n'agit si ce n'est pour une cause finale déterminée d'avance.

4. — •• Finis operationis. — Finis operis. ■■ Nous avons énuméré trois fins, la fin de « l'opération »,

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