‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 315 sur 581 · CHAPITRE I. EXPLICATION DES TERMES · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. EXPLICATION DES TERMES

la fin de « l'œuvre » et la tin de « l'ouvrier ». Il s'agit de les étudier, et de les distinguer sous peine de tomber dans de grandes confusions.

Laissant d'abord de côté la fin de « l'ouvrier », je choisis un nouvel exemple où il soit aisé de distinguer la fin de « l'opération » et la fin de « l'œuvre ».

Soit un mécanicien projetant de fabriquer une horloge. La fin qu'il se propose est une machine capable de marquer les heures. Cette machine est le but que poursuit son action, finis operationis. A mesure que l'opération « s'avance », l'horloge passe de l'état de possibilité à l'état -d'existence. Lorsque l'opération « se termine », l'horloge est achevée; l'intention est réalisée, lorsque l'opération est à sa fin. — Opiis est finis operationis.

Voici l'horloge sortie des mains du fabricant. C'est un système capable de marquer l'heure. Mais cette puissance peut demeurer sans agir; l'horloge peut rester indéfiniment immobile et silencieuse.

Un jour quelqu'un, je ne sais qui, formant l'intention que l'heure soit marquée, mettra le balancier en branle. La machine alors posera réellement l'acte qu'elle a, depuis qu'elle est construite, le pouvoir d'accomplir, et les heures seront actuellement indiquées sur le cadran. Alors on se trouvera on présence d'une réalité nouvelle, fruit d'une nouvelle intention. L'ordre intentionnel ot l'ordre effectif se rencontreront derechef dans un terme nouveau, et ce ternie est l'acte propre à la machine, c'est-à-dire la fin de l'œuvre. — Actiis est finis operis.

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