‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 317 sur 581 · Finis operantis. » — Motif · texte numérisé non relu

Finis operantis. » — Motif

La dernière réponse de Polyclète à nos « pourquoi » nous a appris que son mobile est l'amour de la gloire. Il forme l'intention d'acquérir la gloire par son travail et son œuvre; le terme de cette intention, c'est-à-dire, l'acquisition de la gloire, est ce qu'on nomme « la fin de l'ouvrier ».

En général, le bien vers lequel l'ouvrier tend par son opération, 1' « objet » qu'il désire posséder, s'appelle fin

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objective, finis objecthus, et la « possession » de ce bien s'appelle fin formelle, finis formalis. Ces deu\ dénominations sont bien choisies. L'intention de l'ouvrier se porte, en eifet, sur un « objet » qui se présente comme un bien; mais cet objet n'est « formellement » une fin, qu'en tant que l'intention s'en propose la possession. On ne peut donc pas séparer la fin objective et la tin formelle.

Or cette fin revêt un caractère d'un ordre particulier. Le bien à acquérir est un motif qui excite l'ouvrier. Ce <fui meut Polyclète, c'est le désir de la gloire.

Ou'est-ce que le motif? C'est l'amour actuel d'un bien à posséder. Ici encore, distinguons soigneusement le motif dans sa réalité et l'objet du motif.

Considéré en lui-même, le motif est une inclination vitale existant dans la volonté de l'artiste. C'est une influence réelle que subit intrinsèquement l'agent et qui le pousse à agir. Par rapport au motif, l'agent est donc patient, et cette opposition de termes nous prépare à reconnaître que la nécessité d'un motif pour agir ne dérive pas de la perfection de l'agent. Quant à l'objet du motif, c'est un bien à ac({uérir.

Lors([ue l'artiste, cédant au motif qui le « pousse », formule l'intention d'acquérir le bien vers lequel il est poussé, ce Ijien devient la fin de l'ouvrier, fnis operantis.

Kemarquez combien ces mots sont expressifs. Une fin suppose un commencement et un milieu ; pour atteindre une fin, il faut un mouvement. La fin de l'ouvrier est donc un but vers lequel l'ouvrier court lui-même; l'ouvrier est en mouvement, tant qu'il n'est pas parvenu à sa lin. Or i-appelons-nous l'adage : Moins est in passo, et concluons (jue, par rapport à sa lin, l'ouvrier est patient plutôt ffu'agent. Kappolons-nous encore l'adage : Qninc quod movetur, movctur ah ciHo, et c<jncluons que l'ouvrier, pour courir à sa fin, est mû par un motif qu'il subit, au'iuel il cède, mais (|u'il ne fait pas.

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