D'une opinion juste-milieu
Certains spiritualistes de nos jours ont cru devoir oflrir
CIIAP. II. — NÉCESSITÉ MÉTAPHYSIQUE DE l'iNTENTIOX. 355
quelques concessions, afin d'obtenir la paix et de sauvegarder l'argument tiré des causes finales.
c< Nous admettons, disent-ils, qu'il faut éviter de confondre terme avec but, direction avec intention. Nous avouons qu'il est dans la nature mille mouvements qui sont dus au caprice du hasard, et qui ne proviennent d'aucune intention et d'aucune volonté. Pourquoi ce grain de poussière décrit-il sous l'influence de la brise un petit tourbillon? et pourquoi est-il là où il est? Questions oiseuses-. Voir dans ces petits riens autre chose que des faits, y chercher une cause finale, serait puérilité, nous en convenons.
« Mais, lorsque l'on rencontre un agencement harmonieux d'organes, lorsqu'on se trouve vis-à-vis d'une savante coordination de parties distinctes qui forment un seul tout et remplissent une seule fonction; en un mot, quand on examine une horloge ou une machine animale, il faut bien admettre qu'une intelligence a présidé à la construction d'un tel système, et qu'en produisant l'organe, elle visait la fonction. »
Telle est la doctrine juste-milieu qui, pour sauver les grandes causes finales, jette à la mer les petites.
Mais, qu'on se le rappelle, aucune paix, aucune trêve n'est possible entre les partisans de lètre et les partisans du non-ôtre. Le seul succès de la philosophie moderne a été de détruire toutes les opinions qui tenaient à la fois des deux extrêmes, et de raser toutes les positions infermédiaires aux deux camps,