Causalité de la fin
Mais pourquoi le terme de l'intention mérite-t-il le nom (le cause? Comment une fin peut-elle être un principe? N'y a-t-il pas là un cercle vicieux? L'eO'et final, dites-vous, est la cause de l'opération, et cependant l'opération est la cause de l'eiïet final.
Ces questions proviennent du trouble et de la confusion que j'ai cherché à prévenir. Je pourrais faire remarquer qu'à parler exactement, l'opération n'est pas cause de Teffet, et la preuve en est simple. L'opération est l'altération même du patient, actio est in passo; or l'altération n'est pas une cause: la seule cause efTectise de l'effet est la cause efficiente, et par cette simple remarque s'évanouit le prétendu cercle vicieux.
Que si l'on veut cependant conserver le nom de cause à l'opération, en tant qu'elle dénote l'agent dont elle provient, le cercle vicieux se dénoue encore par une distinction déjà connue. J'accorde que l'être réalisé est un effet dans l'ordre effectif, mais je soutiens qu'il est une cause, dans l'ordre intentionnel; j'accorde qu'il est effet en tant qu'il est un bout, mais je soutiens qu'il est cause en tant qu'il est un but.
Rappelons-nous, en effet, la définition d'une cause en général : « La cause d'une chose est ce en vertu de quoi cette chose est ce qu'elle est. » Or nous avons longuement prouvé que toute opération réclame une intention qui la détermine à « être » et à « être telle ». Car l'opération est un mouvement, et le mouvement est déterminé par le but auquel il se termine. La fin contenue dans l'intention est donc la raison définitive de l'opération. Celle-ci est ce qu'elle est, en vertu de la fin proposée. Donc la fin est, dans son ordre, cause de l'opération, et l'on ne connaît bien l'opération que lorsque l'on en connaît la cause finale. Répondre à la question : Pourquoi? est aussi essentiel à la