‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 335 sur 581 · Retour sur la distinction des fins · texte numérisé non relu

Retour sur la distinction des fins

Au premier chapitre de ce livre, nous avions dans un même exemple distingué trois fins : la fm de l'opération, la fin de l'œuvre, la fin de l'ouvrier.

Lorsqu'il s'est agi de généraliser ces premières notions, nous avons écarté la fm de l'ouvrier, comme n'étant pas essentielle à la cause parfaite, c'est-à-dire à la cause en tant que cause, puisque l'agent poussé par un motif est patient avant même d'être cause.

Dans le chapitre suivant, nous avons au contraire reconnu que toute opération avait une fin, un but, et que la cause finale était métaphy.siquement requise pour la mise en action de toute cause efticiente. La fin de 1' « opération » est essentielle à toute opération.

Et que dire de la fin de F « œuvre » ? Toute œuvre a-t-elle une fin? La fm de l'œuvre fait-elle partie du cycle métaphysique des causalités essentielles à la production de cette œuvre? Telle est la question sur laquelle nous devons insister. J'en ai déjà averti : c'est là une question aussi délicate à traiter qu'importante à résoudre.

6. — Connexion de la fin de 1' ■ œuvre ■■ et de la fin de r "'opération ■.

Les Philosophes admettent universellement que tout être est actif. — Omnc eus est activum.

M II est impossible, dit saint Jean Damascènc, qu'une .substance soit dépourvue d'une naturelle activité... Il n'y a sans activité que le néant (1). »

Ce n'est pas ici le lieu de démontrer cet adage; mais

(1) s. Jean Oamasc, De la foi orlliod., liv. Il, ch. \xiii.

Page 1