Définition du bien
Aristote approuve cette antique définition du bien : Le bien est ce que tout désire, bonum est id qiiod omnia appetunt (1). C'est la plus simple de toutes les définitions que l'on puisse donner du bien, et par conséquent la plus claire, comme il arrive toujours quand il faut définir les notions primordiales.
Le bien est défini par une appétence; mais celle-ci présuppose une convenance, car un être ne désire que ce qui lui convient. Ce n'est pas parce que je la désire, que la santé me convient, mais je la désire parce qu'elle me convient.
Définir le bien par l'appétence, c'est donc en donner une définition a posteriori, comme le fait remarquer saint Thomas :
Manifestât (Philosophus) propositum per effectum boni. Circa quod considerandiim est, quod bonum numoratur inter prima, adeo quod secundum Platonicos, ])onum est prius ente; sed secundum rei veritatem, bonum cum ente convertitur. Prima autem non possunt notificari per aHqua priera, sed notificantur per posteriora sicut causée per efTectus. Cum autem bonum proprie sil motivuni appetitus, deseribitur bonum per motum appetitus, sicut solet raanifestari vis motiva per motum. Et ideo dicit quod Philosophi bene enuntiaverunt bonum esse id quod omnia appetunt (2).
(1) Ka),w; àuecfrivavTo tàyaOôv. o-j Ttàvc' èçÎETat. (Aristote, Et/iifj., à ISiconi., liv. I, ch. I.)
(2) S. Tliomas, El/iic, lib. I, leclio 1'.