Bonté absolue de l'effet
Avant d'être produit, l'effet est encore en puissance, et par la production il deviendra en acte. Or, si on rapproche l'acte de la puissance, on reconnaît que l'acte convient à la puissance, puisque la puissance est pour recevoir l'acte. Il y a donc dans la puissance une sorte d'inclination, au moins logique, vers l'acte; il y a dans la matière une sorte d'appel de la forme. De là ces expressions qu'on rencontre si souvent chez les scolastiques : Potentiel appétit actum; materia appétit formam. A vrai dire, ces expressions sont purement métaphori(|ues, car puissance et matière sont choses par elles-mêmes purement passives.
Mais, dès que l'eifet commence à être produit, il possède un commencement de réalité, et, par suite, il est le siège d'une appétence réelle. Il devient encore, et par son devenir il tend vers l'existence, et cette tendance est esssentielle, puisqu'il ne devient que pour exister. Exister est bon pour l'être qui devient, — Quod fit appétit esse.
Enfin, lorsque la prodacliou est à son terme, alors l'être « devenu » se confond avec l'être « existant ». Il est au repos, parce qu'il est ce qu'il appelait d'être, parce qu'il lui est bon d'exister. — Enti bonum est esse.
Tirons de là une première conclusion : « Tout être est bon à soi-même par sa propre existence, et c'est là une sorte de bonté absolue, car elle ne dépend d'aucun être extrinsèque. »
Je me trompe; elle dépend totalement de la cause, et tout ce qui précède n'est qu'un subtil jeu de mots, si l'on n'en va chercher la solide raison dans ce qui en est la cause.
La puissance passive, qu'est-ce, en définitive, sinon le reflet de la puissance active? La tendance du devenir vers
corporelles produisent la satiété par la lassilude ou l'affaiblissement du son'? émoussé, et pourquoi, au contraire, les jouissances spirituelles ne connaissent pas la satiété.
Texistence, qu'est-ce, sinon l'obéissance passive à l'impulsion de la cause ? Et l'amour instinctif du vivant pour la vie, qu'est-il, lui-même, sinon un ressort qui a tout juste la force qu'on lui a donnée en le bandant ?
D'où une seconde conclusion qui explique la première : (c La bonté absolue de l'effet provient totalement et dépend de la cause ».