‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 359 sur 581 · Union dans l'effet des deux causes intrinsèques · texte numérisé non relu

Union dans l'effet des deux causes intrinsèques

Ktudions maintenant le groupe des causes intrinsèques. La forme et la matière sont unies dans le composé : cette proposition n'est que le résumé du livre que nous avons consacré à l'étude de ces deux causes; et pour se convaincre de cette union intime, il suffirait de remarquer que

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nous n'avons pas pu étudier l'une de ces causes sans étudier l'autre simultanément.

L'effet existe; sa matière et sa forme existent en lui. Certes, l'efiet existe en vertu de sa matière et de sa forme; sans quoi, ce serait à tort qu'on nommerait celles-ci « causes » de l'être. Mais elles ne sont pas les causes par lesquelles l'être existe; elles sont les causes dans lesquelles l'être existe. Ce ne sont pas les causes « productrices », ce sont les causes « constituantes ». Et ce mot ciim-staluere indique une existence simultanée (1).

C'est donc par une sorte de synthèse que la malière et la forme constituent le composé, et il faut bien nous rendre compte de cette synthèse.

Pourquoi, dans une statue, distinguons-nous sa matière? c'est parce que nous savons que le marbre n'est pas essentiellement une statue, et que, pour être statue, il a besoin d'une détermination. — Pourquoi, dans cette même statue, distinguons-nous sa forme? C'est parce que cette figure se montre à nous comme déterminant le marJire à être statue. Donc nous distinguons dans la statue un principe déterminé et un principe déterminant, et par une conséquence nécessaire la statue nous apparaît comme le résultat d'une détermination.

Est-ce là une analyse simplement logique? La distinction que nous constatons entre la matière et la forme est-elle un pur artifice de raison? Non certes, car le marbre a réellement besoin d'être déterminé à être statue ; la forme détermine réellement le marbre à être statue.

La statue est donc le fondement réel de deux concepts différents et irréductibles l'un à l'autre. C'est l'esprit qui les formule, mais il y est contraint par la réalité. En d'autres termes, il n'existe qu'un seul être, et c'est l'effet; mais cet être qui est un, n'est pas simple; il apparaît comme contenant deux éléments essentiels qui concourent à le

(1) Constituer, composer un tout. (Diction, de rAcadémie.)

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