Rapport synthétique entre les deux groupes de causes
Nous l'avons constaté : les trois causes extrinsèques existent dans une même substance ; et les deux causes intrinsè- ([ues sont unies dans une même existence.
Il n'y a donc réellement que deux existences en présence, la cause existante, et l'eifet existant. La cause et l'effet : tels sont les deux termes d'une relation dans la({uelle n'intervient aucune opération logique. La cause est cause de l'effet; l'effet est effet de la cause.
De là résulte une conclusion importante : la causalité se porte immédiatement et directement sur l'effet; l'effet, c'est-à-dire le composé, est le terme formel de la causalité.
Ainsi, la cause, en tant qu'intelligente, ne conçoit pas la forme indépendamment de la matière; elle conçoit du même coup l'être tel ({u'il est possible. Dans l'intelligence, l'effet ne préexiste pas à l'état abstrait, comme l'épure géométrique d'un édifice ; l'effet tel qu'il doit exister, c'està-dire le composé de forme et de matière, voilà ce qui préexiste dans la cause exemplaire à l'état de concept idéal.
De même, la cause, entant que volonté, ne veut pas séparément la forme ou la matière; l'intention a pour terme immédiat et formel le composé tel (juil peut être produit.
Enfin, la cause, en tant que puissance, ne produit pas la forme pour rintroduirc ensuite dans la matière. Son action tombe immédiatement sur l'effet tout entier, c'est-à-dire sur le composé de matière et de forme.
C'est ce (|ue démontre saint Thomas avec sa vigueur incomparable :
Omne quod fit, lit ut sit : est enim lieri via in esse. Sic igitur unicuique creato convenit lieri, sicut sibi convenit esse. Esse autem non convenit formfo tantum, nec materia> tantum, sed composito. Malcria enim non est nisi in polenlia; forma vero est qua ali(inid est, est enim aclus. Unde restât quodcomposilum proprie sit. Kjus igitur solius est proprie lieri 1).
(I) S. Tliomas, 11, Voulr. fjeriL, c;i|i. xiiii, :j'.