‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 368 sur 581 · Équation des causes · texte numérisé non relu

Équation des causes

Il y a, d'après ce texte, identité entre la tin et la forme, pourvu que l'on considère celle-ci dans la matière informée, c'est-à-dire, telle qu'elle est voulue par l'intention. D'où résulte qu'il y a correspondance parfaite entre l'intention et l'action, puisqu'elles ont même et identique terme.

il) Aristole, l'hysif/., liv. II, cli. vu.

(2) Alb. Magn.. l'Iiysic, lib. II, tr. 2, caj». x\i.

ÏOÏ LlVRi: vil. CORRÏ-XATION DKS CAUSALITÉS.

D'un autre côté, l'action reproduit exactement la forme idéale, à moins d'obstacles ou de défaillance, suivant cette proposition de saint Thomas : (( Actio agentis per intellectum terminatur ad formam quam intelligit, non ad aliam, nisi per accidens et a casu (1). » Donc il y a correspondance entre l'idée, l'intention, la forme, l'action, l'effet.

Voici ce que j'appelle V équation des causes, équation qui permet de conclure d'une cause à l'autre. — Tel effet : donc telle intention et telle idée. — Telle intention : donc telle idée d'une part, et tel effet de l'autre.

C'est cette équation qui permet de conclure de l'organe à la fonction, ou de la fonction à l'organe. — L'œil est fait pour voir; donc il est constitué de façon à voir. — La denture d'un monstre fossile était constituée de façon à mâcher la chair; donc elle était destinée à un animal Carnivore. En un mot, de la cause formelle on passe à la cause finale, ou de la cause finale on passe à la cause formelle.

Je sais que ce dernier passage est plus délicat, parce qu'il nous est difficile de connaître à priori l'idée et l'intention du constructeur. L'argument qui part de la cause finale est sujet à illusion; aussi la science moderne s'en défie avec raison. L'observation percevant d'abord le phénomène, c'est d'ordinaire par l'action d'une nature que nous connaissons sa constitution, et par celle-ci que nous arrivons à connaître l'intention qui l'a produite.

Mais, pour être difficile à manier, l'argument par la cause finale n'en est pas moins légitime. Lorsque je sais qu'un constructeur habile a fabriqué une machine pour marquer l'heure, je sais, par là môme, que toutes les pièces de cette horloge concourent à produire cet eflet.

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