Le mouvement tient de l'acte et de la puissance
De l'aveu d'Aristote, définir le mouvement est chose difficile; et cela provient, dit-il, de ce qu'on ne trouve pas dans quelle catégorie le placer.
Le mouvement n'est pas une substance, cela est évident. Il n'est ni une quantité, ni une qualité ; car il y a changement, et par suite, mouvement de quantité et de qualité. Il n'est pas non plus une action ou une passion, car il en est le résultat. En un mot, le mouvement s'étend à toutes les catégories sans être renfermé dans aucune, « de façon qu'il y a autant de sortes de mouvement et de changement qu'il y a de sortes d'être : Xij-rs 7.'.vY;-£o)r -/rv.'. ;j.£7a5oAY;g ïz-h î'.cr^ -zzxj-.y. zzx t:D ïvtcç ^1). »
Loin d'être arrêté par cette difficulté, le puissant génie du Stagirite en conclut qu'il faut définir le mouvement par des éléments communs à toutes les catégories de l'être. Or il y en a deux qu'on rencontre partout , à savoir la puissance et Vacte. C'est donc en eux qu'il faut chercher la vraie notion métaphysique du mouvement.
Mais, continue le Philosophe, le mouvement n'est pas
(1) Aristote, P/zy-si^., liv. III. ch. i.
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une pure puissance passive ; car il peut y avoir repos dans une simple possibilité. Une maison, avant qu'elle ne soit bâtie, peut demeurer indéfiniment à l'état de simple possible. — Le mouvement n'est pas davantage un acte parfait; car la maison, une fois bâtie, demeure dans un acte permanent, et tout mouvement a cessé.
Le mouvement n'est ni purement une puissance ni purement un acte, et cependant on ne peut le définir que par l'acte et la puissance. Il faut donc nécessairement qu'il soit un mélang-e d'acte et de puissance, qu'il tienne à la fois de l'acte et de la puissance.
Écoutons saint Thomas expliquant Aristote :
Omnino impossibile est aliter definire motum per priora et notiora, nisi sicut Philosophas hic définit. Dictum est enim qiiod unumquodque genus dividitur per potentiam et actum. Potentia autem et actus, cum sint de primis difïerentiis entis, naturaliter priora sunt motu, et his ulitur Philosophus ad definiendum motum.
Considerandiim est igitiir. quod aliquid est in actu tantum, aliqiiid vero in potentia tantum, aliquid vero medio modo se habens inter potentiam puram et actum perfectum. Quod igitur est in potentia tantum, nondum movetur;quod autem jam est in actu perfecto, non movetur, sed jam motum est. Illud igitur movctur quod medio modo se habet inter puram potentiam et actum, quod quidem partim est in potentia et partim in actu (1).