LIVRK VII, CORRÉLATION T)KS CAUSALITÉS
dans ce cas, l'acte et la puissance se rapportent à une même qualité, il n'y a pas mouvement.
Bien plus, fait observer saint Thomas en interprétant ce passage, l'eau tiède est à la t'ois en acte et en puissance par sa même tiédeur, et cependant elle persévère dans le même état; et la raison en est que, si on rapporte sa tiédeur à une chaleur plus grande, l'eau est simplement chaude en puissance, et peut demeurer indéfiniment dans cet état de puissance ; si, au contraire, on rapporte la tiédeur à un état de moindre chaleur, l'eau tiède est simplement chaude en acte.
Que faut-il donc enfin pour obtenir le mouvement? Il faut unir l'acte et la puissance dans un même concept formel; il faut considérer l'être à la fois comme en acte et en puissance sous le même rapport. Il faut qu'il soit déjà en acte, puisqu'il a cessé d'être simplement en puissance; et il faut qu'il soit encore en puissance, puisqu'il n'est pas encore parvenu à l'acte corrélatif de cette puissance.
Et c'est ainsi qu'Aristote obtient, à force de logique, son admirable définition du mouvement :
« Dans chaque genre, on distingue l'être en acte et l'être en puissance. Or l'acle de l'rtre en puissance, en tant qu'il est en puissance, c'est le mouvement. Ainsi, faltération est l'acte de l'être altérable en tant qu'altérable (1). »
Saint Thomas explique avec une grande clarté la pensée du Philosophe :
Sic igitur actus imperfectus habet rationem motus, et secundum quod comparatur ad ulteriorem actum ut potentia, et secundum quod comparatur ad aliquid imperfectius ut actus, Unde neque est potentia existentis in potentia, neque est actus existentis in actu, sed est actus existentis in potentia; ut, per id quod dicitur actus, designetur ordo ejus ad anteriorem poli) Atïipyius'vou &È y.aO' I/.aaTov ye'vo; tov (J-Èv vjtz/.tyzia., zov oè ôyvà[j.£f, -q toO ôuvâ|jL$t ovTo; èvteXÉXE'.a, r, Totoùtov, x!vti(ti'; èotiv, otov toO [asv dcXXotwTOÙ, f, à),).oiwTÔv, àll'Aoùaiç, (Aristote, Physiq., liv. III, ch.i.)