Du mouvement par rapport au moteur et au mobile
Le mouvement est un elfet ; donc il est dans le sujet qui subit l'action, c'est-à-dire, dans le mobile. Quant à la cause du mouvement, elle reste immobile. Il est vrai, toutes les causes du mouvement qui nous entourent sont elles-mêmes en mouvement, mais cela provient de ce qu'elles sont à la fois causes et effets; en tant qu'effets, elles subissent un mouvement; en tant que causes, elles en produisent un autre.
C'est ce qu'explique Albert le Grand dans le texte suivant :
Illud movens movetur, sed non secundum quod est movens, ut prius dictum est. Et ideo iteruin in illo non est motus sicut in subjecto, in quantum est movens... Cum ergo quipritur : in quo sit motus? dicemus quod sicut in causa motus est in laovente, et sicut in subjecto motus est in eo quod movetur (2).
Mais laissons Aristotc nous expliquer lui-même toute cette doctrine :
« Il est évident, dit-il i.'I', que le mouvement est dans le mobile, puisqu'il est son acte, EVTeÀéyeia, en tant que mobile. II provient du moteur dont il est aussi l'acte, iVEoyeta. Et cet acte est commun au moteur et au mobile ; car l'un est mobile par sa puissance passive, et l'autre est moteur par sa puissance
(1) s. Thomas, I, q. 2:{, art. l, ad 3"'".
(2) AJb. Magn., Pliys., lib. IIJ, tr. 1, tap. \iii.
(3) Aristote, Pkysiq., liv. III, ch. m.