De la perfection, suivant Aristote
Le génie grec avait compris l'intime relation qui rattache la perfection à la cause finale, et c'est dn mot qui exprime la fin, -€kzz, qu'il a tiré le mot qui signifie parfait.
Voyons comment Aristote a été guidé par ce mot pour faire l'analyse de la perfection (1).
« On appelle parfait, tAeiov, ce qui est tel qu'on n'en puisse trouver aucune parcelle en dehors; ainsi un temps parfait est celui en dehors duquel il n'y a aucune parcelle de temps. »
On le voit, Aristote s'appuie sur l'étymologie grammaticale du mottÉAsioç, fîii . Lorsqu'on est à la fin d'un être, il n'y a rien de cet être en dehors de ce qu'il est actuellement. Lorsqu'un mois est fini, il n'y a plus rien de ce mois à s'écouler ; c'est un mois accompli.
« On dit encore un être parfait suivant la qualité ou la bonne disposition, lorsque dans ce genre on ne trouve rien au
(1) Aristote, Me/ripfiys., liv. V, cli. xvi.