CHAPITRE IV. — DK LA PERFECTION
delà (1). Ainsi : un parfait médecin, un parfait joueur de flûte, lorsqu'ils ne laissent rien à désirer dans l'espèce.
« Nous parlons de même des méchants par métaphore, et nous disons : un parfait calomniateur, un parfait voleur. Bien plus, nous disons : un bon voleur, un bon calomniateur.
« La vertu est une perfection ; car chaque chose est parfaite, chaque être est parfait, lorsqu'ils ne laissent en dehors de leur propre vertu aucune parcelle de la grandeur qui convient à leur nature. »
C'est toujours la même idée de /in, de boîit, de terme. Une qualité est parfaite, lorsqu'elle ne peut aller plus loin dans son genre, lorsqu'on ne peut la concevoir plus grande en conservant sa nature.
« On appelle encore parfaites les choses qui possèdent une fin estimable; car elles sont parfaites par la possession de leur fin, xaxà yàp xô £/£iv xo -ikoc, zi'ktr.'x. Et comme la fin est un terme extrême, nous transportons le même langage à des sujets qui ne sont pas désirables; et nous disons : être parfaitement détruit, être parfaitement corrompu, lorsqu'il ne reste plus de corruption ou de destruction possible, et qu'on est au bout.
« C'est pourquoi la mort est, par métaphore, appelée la fin, parce que fin et mort sont des termes extrêmes. Mais, à parler exactement, une fin est un but dernier qu'on se propose. »
Voici, comme le fait remarquer saint Thomas, une nouvelle acception du mot « parfait » , non plus tiré des qualités intrinsèques du sujet, mais tiré plus explicitement du terme intentionnel vers lequel marche le sujet. Un être qui tend vers un hut est parfait lorsqu'il l'a atteint.
« Telles sont donc les diverses raisons pour lesquelles on dit des choses qu'elles sont parfaites. Les unes le sont, parce qu'elles ne laissent ri(;n, qu'elles ne sont surpassées par rien dans leur espèce, et qu'il n'y a rien en dehors; les autres sont dites parfaites, soit parce qu'elles ont ou font quelque chose qui est tel, soit parce qu'elles s'harmonisent avec quelque chose de tel, soit enfin par quelque relation avec les choses qui sont intrinsèquement parfaites. »>
(1) Mr) £-/ov ÛTtcpoo)/;; Ttpo; t6 yivci;. Voir l'intcriirélalion de Fonsoca.
42G LIVRK VII. CORRÉLATION DKS CAUSALITÉS.