Des diverses significations du mot « parfait
Résumons cette doctrine. Il y a d'abord une perfection qu'on peut ajDpeler matérielle : un mois « parfait », un mois '( accompli », un mois « entier », autant de synonymes. — Il y a ensuite une perfection qu'on peut appeler formelle; elle consiste dans un état qui répond à la forme idéale. — En troisième lieu, il y a une perfection qu'on peut appeler ^««/e; elle consiste en ce qu'un être a atteint sa fin. — Enfin, il y a perfection par analogie ou relation avec une quelconque des précédentes perfections.
Nous ne nous occuperons pas de la perfection matérielle.
Quant à la perfection par analogie, il suffît de bien savoir ce qu'on entend par cette expression, et saint Thomas nous l'explique dans le texte suivant :
Ponit (Aristoteles) modum secundum quemdicunturperfecta per respectum ad aliud, et dicit quod alia sunt perfecta « secundum ipsa », id est, per comparationem ad perfecta quœ sunt « secundum se » perfecta : vel ex eo quod faciunt aliquid perfecLuin aliquo priorum modorum, sicul medicina est perfecta quœ facit sanitatem perfeclam ; aut ex eo quod liabent aliquid perfectum, sicut homo dicitur perfectus qui tiabet perfectam scientiam ; aut repra^sentando taie perfectum, sicut illa qua^ habent similitudinem ad perfecta, ut imago dicitur perfecta quœ représentât hominera perfecte ; aut qualicumque aliter referantur ad ea qua' dicuntur per se perfecta primis modis (1).
Restent donc à étudier avec soin la perfection formelle et la perfection finale. Ce sont les seules qui soient véritablement importantes. Aussi saint Thomas distingue-t-il surtout ces deux espèces de perfection, et il nous explique, dans le texte suivant, en quoi elles consistent :
Duplex est rei perfectio, prima et secunda. Prima quidem rei perfectio consistit in ipsa forma ex qua speciem sortitur.
(1) s. Thomas^ Melaphys., lib. V, lect. Î8.