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En quoi consiste la perfection formelle

La perfection d'un effet n'est donc pas quelque chose «le surajouté à son être. C'est l'être lui-même avec un rapport à ses causes et en particulier à sa cause finale, car il est tout ce qu'il est par l'opération qui l'a produit, et cette opération ne vise qu'à réaliser l'intention.

D'ailleurs, considéré en soi-même, l'être est tout ce qu il

(1) s. Thomas. III. q. Wd, art. 2.

est par sa forme qui est son acte. Donc la perfection formelle d'un être est sa propre forme, « en tant qu'elle réalise l'intention ». De là cette définition scolastique : Perfectio naluralis esl forma, sivc actus perficiens secimdum naturam siibjecti (1). De là cette autre formule : Finis operationis est forma introdiicenda. Et c'est ainsi que la statue lapins disgracieuse peut être parfaite, si elle a été « parfaite » par un artiste de talent, dans 1' « intention » de représenter un Thersite.

Nous retrouvons donc encore ici la relation inlime entre la forme et la fin, et la perfection en est, pour ainsi dire, le trait d'union. C'est ce qu'enseigne saint Thomas avec son grand langage dans un texte que nous avons déjà cité :

Omne ens, in quantum est ens, est in actu et quodammodo perfectum, quia omnis actus perfectio quœdam est. Perfectum vero habet rationem boni, ut ex dictis patet. Unde sequitur omne ens, in quantum hujusmodi, bonum esse (2).

Citons encore un beau passage de saint Augustin. Les Manichéens s'en prenaient au texte de la Genèse : Et vidit Deus lucem quod esset bona :

Dicunt enim : Ergo non noverat Deus lucem, aut non noverat bonum. Miseri homines, quibus displicet quod Deo placuerunt opéra sua, cum videant etiam hominom artificem, verbi gratia, lignarium fabrum, quamvis in comparalione sapientia; etpotentiœ Dei pêne nullus sit, tamen lam diu lignum ceedere atque tractare, dolando, asciando, planando vel tornando atque poliendo, quousque ad artis régulas perducalur, quantum potest et placeat artifici suo. Numquid ergo quia placet ei quod fecit, ideo non noverat bonum? Prorsus noverat intus in animo, ubi ars ipsa pulchrior est, quam illa quœ arte fabricantur. Sed quod videt arlifex intus in arte, hoc foris probat in opère, et hoc est perfectum quod artifici siio placet (3).

(1) Fonseca, Mctaphys., lib. IV, caj). ii, q. 7, sect. 6.

(2) S. Thomas, I, q. 5, art. 3.

(3) S. August., De Geacs. contr. Munich., lib. I, n" 13.

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