Comment la perfection est un maximum
Aristote nous l'explique comme il suit :
« Le maximum, to [XEyiaTov, dans chaque genre est parfait. Car, d'un coté, le maximum est tel qu'il n'y a rien au delà, et de l'autre, le parfait, tIXeiov, est tel que hors de lui on ne puisse rien trouver... Les choses qui possèdent leur fin sont parfaites, hors de la fin il n'y a rien. Car l'état final d'un être le renferme et le contient tout entier; il n'y a donc rien hors de la fin, et ce qui est parfait ne manque de rien (1). »
Développons cette pensée.
D'abord, la perfection matérielle est un maximum; car ce qui est au terme est le plus loin possible du point de départ. Cette remarque vous semble lianale .' Et pourtant, elle nous conduit à cette conclusion que la perfection formelle est aussi un maximum. Quel est, eu elFet, le terme auquel doit parvenir une œuvre sousTintluence de la cause efficiente ? N'est-ce pas le terme fixé par l'intention ? Et quel est le terme fixé par l'intention, sinon la réalisation d'une idée? Donc, de soi, l'œuvre ne peut monter plus haut que ridée. Lorsqu'elle a atteint l'idée, elle est achevée, elle est à son maximum, elle est parfaite.
.Te sais que l'œuvre peut rester imparfaite, parce que les défauts de la matière n'ont pas permis de réaliser complètement l'idée ; mais alors tout l'effort de la cause efflciente consistera à triompher de ces résistances pour rapprocher l'œuvre do son maximum. — Je sais, encore, que l'œuvre peut rester imparfaite, parce que la cause efficiente n'a pas pu réaliser son intention; mais alors cette cause est défaillante. — Je sais, enfin, que l'œuvre peut être imparfaite, parce que l'idée est elle-même impaifaitc.
Mais, dans tous ces cas, ce sont les causes elles-mêmes qui sont inqiarfaites, et rien d'étonnant si cette imperfection rejaillit sur l'ellét. Quant à hi cause parfaite, elle jiroduit toujours des effets parfaits.
(1) Arisiclc, Métaphys., liv. X, en. iv.
V30 LIVRE Vil. — CORRÉLATION DES CAUSALITÉS.