‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 393 sur 581 · Perfection des causes · texte numérisé non relu

Perfection des causes

Je viens de parler de causes parfaites et de causes imparfaites. Gomment peut-on transporter aux causes des dénominations qui rappellent Teflet? Que les causes secondes, causes faites, puissent être parfaites ; que les causes, mues autant que mouvantes, puissent être accomplies, T£A£',ai. je le comprends sans peine, car elles sont parfaites, en tant quelles sont les effets de causes supérieures. Mais peut-on les dire parfaites, en tant que causes? — Oui, si Ton respecte, comme on le doit, le langage du genre humain. Car on dit également, et de l'effet qu'il est parfait, lorsqu'il est « bien fait », et de la cause qu'elle est parfaite, lorsqu'elle « fait bien ». De la Cause pure, de la Cause Première, qui fait et n'est point faite, qui pousse tous les êtres vers leurs fins et qui n'a pas proprement de fin, nous devons proclamer qu'elle est Parfaite; car la Vérité incarnée a prononcé : Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.

N'en soyons pas surpris. C'est surtout entre cette adorable Cause et ses effets qu'a lieu le commerce formulé dans l'adage : Causa est in cansato per modum causati; causatum est in Causa per modum causw. Lorsqu'il est question de la Cause Première et de son effet, nous devons dire sans restriction aucune : La perfection est dans l'effet comme une participation de la cause; la perfection est dans la cause comme modèle et prototype de l'effet. La perfection, dans l'effet, est un reflet de la gloire essentielle à la cause; la perfection, dans la cause, est la propre splendeur de cette gloire.

Et quelles expressions avons-nous donc pour célébrer la Cause Première, à moins de lui appliquer des mots qui désignent d'abord l'effet? Puis({ue c'est dans l'effet que nous connaissons la cause, comment parler de la cause, sinon en lui attribuant tout ce qui fait l'honneur et la gloire de l'effet, c'est-à-dire, la perfection?

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