‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 394 sur 581 · CHAPITRE IV. DK LA PERFECTION · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. DK LA PERFECTION

On peut présenter la même considération sous une autre forme, en se rappelant que la notion de perfection contient l'idée de maximum. Soit toujours, pour plus de simplicité, un efïet qui dépende immédiatement dune cause totalement et purement cause. Pour devenir parfait, l'eftet tend vers un maximum, c'est-à-dire qu'il monte vers sa cause pour s'en rapprocher le plus possible par l'imitation. Mais, lorsqu'il s'arrête parvenu au maximum d'élévation qui lui est propre, il reste suspendu bien au-dessous de son prototype. Il y a donc conmie deux sommets occupés, l'un par l'effet, l'autre par la cause; il y a deux maximum, deux perfections, la perfection formelle de l'effet et la perfection éminente de la cause.

La perfection est dans la cause par manière de cause ; elle est dans reffet /?«;• manière d'effet. Dans la cause, elle est source exubérante; dans l'eflet, elle est petit ruisseau dérivé. Ici, participation et portrait; là, principe et original. Ici, bornée et finie; là, au-dessus de toute fin et de toute limite. En un mot, la perfection formelle dans l'effet est une participation, par similitude, de la perfection éminente qui est identique à la cause.

Cette doctrine est simple, claire, rigoureuse, facile à exposer, lorsqu'on envisage la Cause Première. S'agit-il des causes secondes, il faut rapplitjuer avec bien des correctifs et des restrictions. Mais il en est alors comme toujours : les théorèmes relatifs à la causalité s'appliquent aux causes imparfaites ou partielles dans le même degré (jue ces causes parlicipeiit à l'honneur de la causalité.

D'avance, je répète la même remarque au sujet de la perfection finale que nous allons étudier. Pour en établir la théorie avec clarté, je considérerai encore un effet et sa cause, celte cause étant, tout à la fois, unique et totale, immédiate et première. C'est implicitement annoncer que j'aurai en vue la causalité divine; mais où mieux trouver les lois de la causalité, que dans la Cause absolunicut pure?

432 LivRK vu. — corrï:lati()N dks causalités. ARTICLE 111

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