‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 398 sur 581 · Causes de la virtualité · texte numérisé non relu

Causes de la virtualité

Si je considère chaque être vivant, je constate que son désir et son activité se portent dans une direction bien déterminée, l'activité setforçant de combler le désir. La fleur se penche vers la lumière, le passereau vole aux bocages, le chamois bondit aux rochers, et je puis déjà conclure que l'activité de chaque être le pousse vers un terme, un bout, un but, une fin.

Or qui a constitué le sujet de telle sorte qu'il ait une tendance déterminée? Sans aucun doute, c'est sa cause efficiente qui l'a lancé dans une certaine direction. C'est elle qui, en constituant la nature, y a produit cette inclination active, ce besoin, cet appétit déterminé.

D'ailleurs nous le savons, l'action de la cause efficiente se termine à la perfection formelle de son effet. Donc nous devons déjà conclure que la virtualité est une perfection formelle du sujet qui la possède.

En oufre, la cause veut ce qu'elle fait. Donc, eu douant son effet de cette virtualité, elle veut non seulement qu'il soit capable de parvenir plus loin ([uil n'est déjà, mais encore qu'il tende activement vers le ijut assigné à son activité.

Il y a plus. Cette appétence du sujet pour sa perfection finale étant une réalité produite par la cause, il faut bien qu'elle se trouve d une certaine façon dans la cause ellemême, en vertu de l'adage : Causal imi est in causa per modum causa'. Donc, dans la cause existe une certaine intention affective par rapport à la perfection finale de son œuvre. Je dis : affective, car la perfection finale rapproche

V38 LIVRK VII. CORRÉLATION DKS CAUSALITÉS.

l'effet de sa cause; elle consomme, autant qu'il est possible, l'union entre la cause et l'effet ; or l'union vient de l'amour, selon ces paroles de l'Aréopagite : Tout amour est une vertu unissante (1).

Mais cette intention affective est-elle effective? Est-elle une volonté absolue, un décret efficace? Ce sont là des questions qui touchent, comme on le devine, aux théories les plus graves de la théologie. Nous ne pouvons donc pas les passer complètement sous silence ; et nous devons dire au moins quelques mots du rôle de la Cause Première par rapport à la perfection finale de sa créature.

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