La perfection finale est un don de la cause
Cette belle proposition peut se démontrer directement soit en partant de la cause, soit en partant de Teffet.
1° En partant de la cause :
Lorsque nous avons distingué entre la fin de l'opération et la fin de l'œuvre, nous avons reconnu que ces deux fins correspondaient à deux intentions non seulement distinctes, maisséparables. On peut vouloir une machine « capable » d'une opération, sans vouloir absolument l'opération de cette machine. Le Créateur peut vouloir une virtualité qui soit une perfection formelle, sans vouloir absolument la perfection finale qui en est le terme. Dans chaque œuf, la nature a déposé une activité qui tend à l'éclosion, et pourtant que d'œufs se flétrissent I Le don de la tendance active vers la fin ne contient pas le don de la perfection finale.
Or, si l'équation des causes est vraie, il faut reconnaître que toute réalité actuelle de l'effet procède d'une intention actuelle de la cause. Donc, après qu'une première intention et une première action ont constitué la virtualité, il faut encore, pour que la perfection finale soit réellement
(1) s. Denys, Noms divins, ch. iv.