Des faits dus au hasard, suivant Aristote
Le Philosophe, pour établir sa théorie, distingue d'abord trois sortes de faits, suivant qu'ils arrivent nécessairement, souvent, rarement.
Les premiers proviennent de causes réelles et nécessaires; les seconds de causes réelles, mais dont l'action peut être troublée quelquefois; enfin les troisièmes proviennent du hasard.
Cette distinction est bonne contre les sophistes qui attribuent tout au hasard ; car ils se heurtent contre le plus vulgaire bon sens en traitant de cas fortuits le lever du soleil ou la maturité des moissons, et c'est uniquement dans les événements rares qu'ils peuvent espérer de faire croire au hasard.
Mais, en elle-même, celte classification des événements est bien superficielle. Car, d'une part, le plus ou moins de fréquence dans la répétition dun phénomène ne peut nullement en changer la nature. En outre, le miracle est un phénomène rare, et cependant il n'est pas le fruit du hasard. En s'en tenant même avec Aristote au cours accoutumé des choses, on reconnaît qu'il y a tout un ordre important de faits oubliés dans cette classification : ce sont les faits qui proviennent de causes libres.