CHAPITRE III. — CAUSES INSTRUMENTALES
Toute du ciseau : car il n'y a pas un creux ni un relief qui ne proviennent du ciseau ; mais non totalement : car la forme et la beauté ne peuvent procéder d'une force aveugle. — Toute et totalement du sculpteur : car il a vu dans son art la forme et la beauté, et il Fa réalisée par des creux et des reliefs.
De là résulte que l'effet n'est pas semblable à sa cause instrumentale, mais à sa cause principale :
Unde effectus non assimilatur securi, sed arti qu» est in mente artifîcis (1).
De là résulte encore que rien ne s'oppose à ce que l'effet soit plus parfait que sa cause instrumentale :
Nihil prohibet causam instrumentalem producere potiorem effectum, ut ex supradictis patct (2).
De là enfin cette brillante mais juste métapbore, qui représente la vertu d'une cause principale spirituelle traversant un instrument matériel pour produire un effet spirituel.
Dicendum quod virtus spiritualis non potest esse in re corporea per modum virlutis permanentis et complétée... Nihil tamen prohibet in corpore esse virtutem spiritualem instrumentaliter, in quantum scilicet corpus potest moveri ab aliqua substantia spirituali ad aliquem effectum spiritualem inducendum. Sicut et in ipsa voce sensibili est quiedam vis spiritualis ad excitandum intellectum hominis,in quantum procedit a conceptione mentis (3).