CHAPITRE 111. CAUSES INSTRUMENTALES. i
suivant cette sentence de saint Tiiomas : Uti importât applicationem alicujus ad aliquid (1).
Tout ce que nous venons de dire est implicitement contenu dans la définition vulgaire : « Instrument, ce qui sert à faire quelque chose. » Que si l'on veut exprimer ces caractères sous une forme plus explicite, on pourra donc donner la définition suivante :
« Une cause instrumentale est un agent dont l'activité est appliquée efficacement à exécuter une intention qui ne procède pas de lui. »
Cette définition a ce mérite qu'elle met en évidence le rôle de la première des causes, savoir de la cause finale. De là vient qu'on peut en déduire aisément la plupart des autres définitions qui ont été proposées, et dont on peut voir le détail dans Suarez (2).
Par là encore, on reconnaît immédiatement que la cause instrumentale est, de sa nature, une cause imparfaite, puisque la fin de l'opération procède d'ailleurs. Or, on se le rappelle, l'eflet est conforme à l'intention, la fin est à la fois le principe et le terme de l'action; d'où résulte qu'il n'y a aucune proportion nécessaire entre l'instrument et son effet, que l'instrument ne contient pas la raison de l'effet, enfin qu'on ne peut pas attribuer l'action à sa cause instrumentale. Actio proprie non attribuitur instrumenta, sed principali agenti , sicutxdificatio œdifîcatori, non autem instrumentis (3).