‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 459 sur 581 · Étude de deux exemples · texte numérisé non relu

Étude de deux exemples

Saint Thomas a pris pour exemple d'une cause à la fois in fieri et in esse, le Soleil illuminant l'atmosphère. Cet exemple est aussi bien choisi que possible. L'air, d'abord obscur, devient instantanément lumineux, et reste lumineux sous l'action du Soleil. — 11 devient, fit; — il existe, est; — et ce n'est que par rapport à ce qu'il était d'abord, qu'on peut distinguer son devenir lumineux de l'état par lequel il existe lumineux. D'ailleurs, l'air n'a rien en soi qui puisse être raison de son illumination. Il devient, il existe, il persiste lumineux, uniquement en vertu de l'action identique et permanente du Soleil, qui est à la fois cause in fieri et in esse.

Image splendide de l'influence Créatrice ! Aussi saint Thomas l'emploie-t-il pour expliquer comment Dieu conserve les créatures :

Dicendumquod conservatiorerum a Deo non est per aliquam novam actionem, sed per conlinuationem actionis qua dat esse, qua^ quidam actio est sine motu et tempore, sicut etiam conservalio luminis in aère est per continuatum influxum a Sole (1).

Dans un autre exemple que nous empruntons encore à saint Thomas, nous trouvons, au contraire, différentes, la cause in fieri et la cause in esse.

(1) s. Thomas, I. q. 104, art. 1, ad 4

Page 1