Généralisation
La précédente analyse n'était, en quelque sorte, qu'un exercice préparatoire, destiné à disposer notre esprit pour une étude plus générale.
La production de l'effet, avons-nous dit, est attribuée à la cause in fieri; la permanence de l'effet à la cause in esse. [\\ faut donc rechercher d'abord la relation entre ces trois termes : « devenir, — exister, — persister ». Or une longue méditation n'est pas nécessaire, pour voir que ces trois expressions désignent une seule et même réalité sous des rapports différents : devenir, c'est exister après n'avoir pas existé ; persister, c'est exister après avoir existé. L'existence est donc le point de contact entre le devenir et la permanence.
De là, nous devons tirer cette conséquence, que la cause du devenir et la cause de \di permanence se rejoignent dans V existence de l'effet; car l'une est cause du devenir précisément parce qu'elle fait exister, et l'autre ne fait persister que parce qu'elle continue à faire exister. En d'autres termes, l'existence même de l'effet est atteinte par les deux causes in fieri et in esse, dont aucune ne peut se passer de l'autre.
Donc, si ces deux causes sont différentes l'une de l'autre, si chacune d'elles a une activité propre, et si pourtant chacune réclame un concours étranger, il faut conclure que chacune, prise séparément, est cause imparfaite et incomplète de l'effet. Donc enfin, la distinction réelle entre les causes in fieri et in esse est un signe d'infériorité dans chacune d'elles, et l'on ne doit pas s'étonner si, alors, ces causes n'ont pas tous les caractères des causes parfaites.
Appliquons ce raisonnement à chacune en particulier.