Infériorité de la cause " in esse
Je dis que, elle aussi, la cause qui n^est que cause in esse, est une cause incomplète.
Nous l'avons souvent répété : Tout procède de la cause finale, tout part de l'intention (2) : Finis movet efficiens. Or l'effet commence par devenir pour finir par exister. Donc l'intention met d'abord en mouvement la cause in fieri, et c'est par là qu'elle atteint la cause m esse. Vous apercevez la conséquence : la cause in esse reçoit une intention qu'elle n'a pas posée, elle est appliquée à une œuvre qu'elle n'a pas elle-même projetée ; en un mot, elle a un caractère instt'iimental .
Quant à la cause infieri, elle peut être, ou bien une cause principalement principale, si elle est en même temps principe de l'idée et de l'intention, ou bien une cause instrumentale, si elle reçoit d'un autre cette idée et cette intention. L'architecte est cause principale in fieri de l'édifice : le contremaître et les ouvriers n'en sont que les causes in fieri instrumentales.
Mais, qu'il n'y ait qu'une seule cause in fieri ou qu'il y en ait toute une suite au travers desquelles circule l'inten-
(1) Alb. Magn.^MWW. theoL, II part., q. 3, membr. 3, art. 3.
(2) Dicitur terminus, cujus causa fit oinne quod fit et liic terminus est causa finalis quae est terminus intenlionis quando in esse accipitur, licet sit principium omnium, quando accipitur in intentione. (Alb. Magn., Metaphys., iiv. V, tr. 4, cap, m.)