Hypothèse cosmogonique
Je citerai un bel exemple.
Laplacc, admirant que tous les astres de notre système solaire se meuvent à peu près dans un même plan, que
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toutes leurs translations et leurs rotations s'opèrent dans un même sens, a estimé que tant d'ordre et une telle unité devaient reconnaître une cause, et il a cru tout expliquer en supposant que tous ces astres étaient initialement confondus dans une seule et même nébuleuse soumise aux mêmes lois mécaniques et physiques qui régissent encore la matière. Certes, l'hypothèse, par sa grandeur et sa simplicité, a un g-rand air de vérité. C'est aux mathématiciens de décider si elle rend bien compte de tous les phénomènes, ou d'en proposer une autre plus conforme encore aux observations. Quant au métaphysicien et au théologien, ils n'ont rien contre. Car la révélation ne nous impose aucun dogme à cet égard, sinon le dogme métaphysique de la création. Pourvu que l'astronome n'aille pas, sortant de son domaine, faire profession d'athéisme à propos de cosmogonie, pourvu qu'il s'en tienne à l'étude des causes prochaines sans en tirer occasion de nier la Cause Première, son hypothèse ne vient pas se heurter contre des vérités d'ordre supérieur, et par conséquent on peut l'admettre.
Je dirai même que la métaphysique doit accueillir avec faveur une telle conception. Car il est digne de la majesté créatrice de conserver l'ordre des mondes par les mêmes forces physiques qu'elle a employées pour l'établir. C'est la doctrine de saint Thomas :
Per idem conservatur res per quod liabet esse ; sed Deus dat esse rébus, mediantibus aliquibus causis mediis. Ergo etiam res in esse conservât mediantibus aliquibus causis (1).