CHAPITRE V, CAUSES UMVOQUES
peut présenter Thypothèse d'une g-énération spontanée à l'origine du monde.
Les mêmes textes s'appliquent à la transformation des espèces. Pourquoi répugnerait-elle, du moment qu'on ne voit dans la génération qu'une action instrumentale? Serait-ce parce qu'il répugne qu'un être inférieur coophre à la génération d'un être supérieur? Mais pour montrer que cette répugnance n'est pas évidente, il suffît du texte suivant de saint Thomas :
Dicendum, quod cum generatio unius sit corruptio alterius, quod ex corruptione ignobiliorum generantur nobiliora non répugnât prima^ rerum institutioni. Unde aniraalia, quœ generantur ex corruptione rerum inanimataruni, vel plantarum, potuerunt tune generari. Non autem quœ generantur ex corruptione animalium tune potuerunt produci, nisi potentialiter tantum (1).
Cette dernière réserve est une simple remarque de bon sens, car il faut des animaux vivants avant des cadavres où s'engendrent les vers. Mais il n'en reste pas moins qu'à l'origine des choses, sous l'intluence divine, des animaux ont pu être engendrés de la corruption d'êtres inférieurs. Or, je le demande, si Dieu a pu faire servir à la production des formes vivantes les débris d'organismes, pourquoi n'aurait-il pas pu employer dans le même but les forces génératrices d'êtres déjà vivants?