‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 500 sur 581 · Cause seconde intelligente · texte numérisé non relu

Cause seconde intelligente

Pour acquérir une notion bien claire de la relation métaphysique entre la cause première et la cause seconde, mettons eu présence de la véritable Cause Première une des plus nobles causes créées.

L'homme, créé par Dieu, se compose d'une unie et d'un corps. Dieu, voici la cause première, 77îovens; Vàine, voici la cause seconde, movens motum ; le corps, voici le sujet qui subit l'action, motum.

L'àme est intelligente et voulante ; elle peut concevoir un dessein et le vouloir; grâce à son influence sur son corps, elle peut l'exécuter. Nous trouvons donc en elle la triple causalité requise pour une cause complète ; et je le rappelle, c'est dans l'étude de l'activité humaine que nous avons rencontré les plus beaux exemples de causalité. Tne idée, une intention, une puissance exécutrice qui n'est elle-mônie que la vertu dune volonté efficace : tels sont les caractères auxquels or reconnaît la noblesse de cette activité.

Mais, si l'âme humaine est une grande et noble cause, si elle a droit au titre de cause complète, elle n'est pas la cause parfaite, car elle n'est qu'une cause seconde. Elle est un efiet de la Cause Première, avant d'être cause à son tour; son activité provient et dépend de plus haut; elle ne meut qu'autant qu'elle est mue ; elle ne peut agir qu'en vertu de l'influence qu'elle subit, suivant l'adage : Causa secunda non agit nisi in virtute primée causœ.

Et remarquez-le bien, il ne s'agit plus ici d'une simple

Page 1