Esse, — Esse taie
Laissons maintenant cet exemple pour exposer en quelques mots le Réalisme des grands scolastiques.
Un être, quel qu'il soit, est « un », d'après cet adage : Unitas sequitur esse. Il est ce qu'il est, tel qu'il est, comme il est. On ne peut pas le disloquer, de façon à mettre à part le « il est », le « ce qu'il est », le « tel qu'il est », le « comme il est ». Cependant la raison distingue dans tout être fini, r « être » et Y « être tel », esse et esse taie. — « Être », esse, apparaît comme un caractère commun à tous les êtres; car la notion est la même, lorsqu'on dit d'un arbre, d'une pierre, d'un lion : C'est là un être. L' « être », esse, est donc un universel, c'est-à-dire un caractère qu'on retrouve le même dans plusieurs individus. C'est même le plus universel de tous les caractères, puisqu'il se retrouve dans tout ce qui est. — Quanta 1' « être tel », c'est un caractère d'autant plus particularisant qu'il est plus déterminé.
Cette distinction dans un même être entre Yesse et Vesse taie est une distinction opérée par la raison par voie d'abstraction, et par conséquent elle est une distinction /?o.s^ rem. Mais elle n'est pas de pure convention, de simple artifice. Elle a son fondement dans la réalité môme; c'est donc une distinction virtuelle, et il y a lieu de remonter jusqu'à la distinction ante rem.