Deux manières de concevoir l'ordre
f/ordre et la confusion sont deux choses contradictoires, qui ont trait à une réunion de plusieurs objets distincts. Il y a confusion, lorsque rien ne rend compte du mode de réunion; il y a ordre, lorsqu'une raison établit l'unité dans cette multiplicité.
L'ordre n'est donc pas un être existant en soi-même; c'est une relation légitime entre les existences d'êtres distincts, et cette relation est légitime, parce qu'elle a une raison, c'est-à-dire, parce qu'elle répond à un concept qu'une intelligence peut former.
D'ailleurs, l'ordre peut être accidentel ou essentiel. 11 est accidentel, lorsqu'on peut concevoir les choses en amas confus avant qu'elles ne soient ordonnées. Il est essentiel, si les choses sont en ordre par là même qu'elles existent, ou, en d'autres termes, si le concept de ces choses contient implicitement le concept de l'ordre entre elles.
Nos concepts étant toujours liés à une image sensible, nous avons deux manières de concevoir les relations d'existence entre des êtres différents, suivant que nous les comparons dans le temps ou dans l'espace.
Dans un cas, nous disons que l'ordre est la succession légitime des objets ordonnés, suivant une relation de priorité et de postériorité ; dans l'autre cas, nous disons que l'ordre est la disposition convenable de chaque chose, suivant une relation de situation locale.
D'après la première formule, l'ordre s'établit par là