‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 526 sur 581 · Nouvelle manière de considérer le principe de l'ordre · texte numérisé non relu

Nouvelle manière de considérer le principe de l'ordre

Tous les grands philosophes, quelles ((ue soient d'ailleurs leurs divergences d'opinions, s'accordent à aflirnicr que l'être est un, parla même et au mèm(> degré (ju'il est

586 LIVRK IX. — COORDINATION UKS CAUSES.

être. « On appelle un, dit Aristote, ce qu'on appelle Hre, Tb V) ASY-'^tt (îj^-sp -/.al Ts ov (1), » et ailleurs : « Vun et Yêtre sont chose identique et même réalité, car ils s'accompagnent toujours et ne se distinguent que par la raison, Tb cv /.ai To vi TaÙTOv xat ij.ia o'jai-, tw ày.iXcjOsïv àAAr/Aciç (2). » L'unité est donc une perfection intrinsèque et essentielle à l'être en tant qu'il est en acte, c'est-à-dire en tant qu'il est véritablement être ; et réciproquement par là même qu'un être est en acte d'une manière quelconque, il est un de la même manière. Car, d'une part, « l'acte isole, r, vip vnzkiyt'.y. -/wpusr. (3) » ; d'autre part, l'un est ce qui est indivis en soi et divisé de tout le reste, iimim est indivisum a se et divistim ah alio.

De là résulte une profonde conséquence. Partout où nous trouvons la pluralité dans l'unité, nous devons conclure que la pluralité n'y est pas formellement en acte, mais seulement enjniissance. « Deux choses en acte ne font pas une seule chose en acte ; mais deux choses en puissance peuvent constituer une seule chose en acte. Ainsi le double est constitué par deux moitiés en puissance (1). » Deux règles longues chacune d'un mètre ne font pas, par cela môme, une règle de deux mètres, celle-ci n'étant pas simplement le résultat d'une juxtaposition. Mais d'une règle unique, on 2)eut faii'e deux règles moitié moins longues.

De même, dans un ensemble quelconque, le tout est un, et les parties sont multiples. L'unité, l'être, l'acte répondent au tout; et, en pénétrant dans le tout, les parties sont dépouillées en quelque manière de leur unité, puisqu'elles cessent d'être indivises en soi, et divisées des autres. En un mot, la raison de totalité est l'unité formelle, et les parties jouent le rôle de matière (5).

(1) kviiloie, Métaphys., liv. Vil, ch. xvi.

(2) Id., ibid., liv. III, ch. ii.

(3) Id., ibid., liv. VII, ch. xin.

(4) Id., ibid., liv. Vil, ch. XIII.

(5) Partes se habent in ralione inateriai... totum se habel in latione forniae. (S. Thomas, I, q. 7, art. 3, ad 3"'".)

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