‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 530 sur 581 · Élévation · texte numérisé non relu

Élévation

La raison humaine, quel que soit son génie, ne saurait s'élever plus haut dans la contemplation de l'ineffable Cause Première. Mais, pénétrée par une lumière surnaturelle, elle peut monter encore et entrevoir, sous le voile du mystère, les secrets intimes de l'Éminence Divine et de l'ordre essentiel des choses. Les saints docteurs de l'Église ont eu pour mission de tracer des voies scientitiques jusque dans les cieux de la foi, et saint Thomas s'offre à nous comme guide. Pourrions-nous résister au désir de monter jusqu'aux pieds du trône pour adorer un instant?

En Dieu, nous confessons trois Personnes. « Or, dit saint Thomas, partout où il y a pluralité sans ordre, il y a confusion. Mais il ne peut y avoir confusion entre les Personnes Divines. Donc il y a ordre (1). » Voilà ce que nous enseigne la foi. — Mais voici le travail scientifique. En comparant les attributs de l'Essence Divine aux propriétés caractéristiques des Personnes, la raison perçoit des convenances entre les concepts de certains attributs et les concepts des Personnes, et elle est par là même conduite à unir les uns et les autres par une opération que la théologie appelle appropriation.

C'est ainsi que saint Augustin compare aux trois Personnes les trois attributs d'unité, d'égalité et de concorde. In Pâtre est imitas, ïnFilio œqualilas , inSpirituSancto unitatis œqualitatisque concordia (2). Cette appropriation, nous dit

(1) s. Thomas, I, q. 4'2, art. 3, Seil cnntra. il) Augusl., De doclr. Christ., lib. I, cap. v.

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