‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 560 sur 581 · Deuxième question : Pourquoi vouloir A plutôt que · texte numérisé non relu

Deuxième question : Pourquoi vouloir A plutôt que

Pourquoi l'intention, qui pouvait également tomber sur A et sur B, est-elle tombée sur A et n'est-elle pas tombée sur B? Quelle est la raison de cette préférence, de ce choix ?

On le voit, c'est maintenant la raison à'un pltilot que l'on demande. Mais, avouez-le d'avance, s'il se trouvait que ce plutôt ïieni pas de raison, la question serait par là même déraisonnable. Cherchons donc ce qu'il en est.

« Plutôt A que B » désigne un choix entre A et B, par suite, une comparaison entre A et B. Donc ce plutôt est une relation entre A et B. Or, tandis qu'entre A et F d'une part, B et F de l'autre, il y a des relations essentielles, des relations per se, il n'y a entre A et B qu'une relation accidentelle, une relatioji per accidens.

En effet, 1" efficacité de B comme moyen ne diminue ni n'augmente en rien l'efficacité de A comme moyen. Leur communauté d'efficacité est donc une pure contiguïté. C'est une entité joe;* accidens, ou, comme disent les scolastiques, ens diminutum. C'est uniquement cet accident qu'Aristote appelle « voisin du non-être » et qu'il enseigne « n'avoir de l'être que le nom (1) ».

(1) Aristote, Métaphys., liv. VI, ch. ii.

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