‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 561 sur 581 · CHAPITRE IV. — DU CHOIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — DU CHOIX

Or, à un être per accidens correspond une raison per accidens; car tel être, telle raison. Pour uu effet accidentel, il suffit d'une cause accidentelle; car il y a proportion entre la cause et TefFet (1).

Donc à ce « plutôt » il n'y a pas de raison véritable, il n'y a pas de cause proprement dite. En rechercher la cause est peine perdue; en demander la raison est une déraison.

Voulez-vous poser une question raisonnable? Commencez par reconnaître que ce «■ plutôt », être accidentel, n'a qu'une raison accidentelle et qu'une cause accidentelle; puis ajoutez que cette cause accidentelle doit se réduire à une cause véritable per se, comme tout accident suppose une essence et une substance; et alors demandez à quoi se réduit ce « plutôt A que B ».

V^otre question ainsi posée devient légitime ; mais aussi la réponse devient facile. Cet embarrassant « plutôt » se réduit à la volition actuelle de A comparée à la volition possible de B. La volonté, pouvant vouloir A ou B, a voulu A, et parla même, elle a préféré A à B. En un mot, ce « plutôt » est une relation qui s'adjoint à la volition de A, mais cette adjonction est accidentelle et extrinsèque à l'acte de la volonté qui décrète.

Et c'est ainsi que s'évanouit ce « plutôt », fantôme trompeur, aiguillon de la curiosité et de la jalousie !

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